Murmures

Avec Eva, nous avons publié notre premier court-métrage/web-série hier (officiellement, car nous avons déjà tourné d’autres petites bêtises). Ce dernier est constitué de 7 épisodes de durée très variable (30 secondes à 5 minutes) et correspond à la troisième aventure de Lise & François (sans John, encore une fois). Comme il s’agit de leur première histoire filmée (St Julien de Concelles et Spelaion sont des fictions sonores), voici un petit article pour faire un retour sur la réalisation de ce projet. Attention, comme ça spoile un peu, je vous conseille de regarder les vidéos avant de lire la suite de l’article (si vous en avez envie bien sûr !).

Lise, François et John

Les aventures de ces trois personnages sont très linéaires et correspondent bien (amha) au format court utilisé. Depuis St Julien de Concelles, je n’avais pas eu beaucoup l’occasion de revenir à cet univers que j’aime pourtant beaucoup. 2017 marque leur retour grâce d’abord à Spelaion (magnifiquement interprété par SilverCherry, Kwaam et Mity) mais aussi par ce projet de vacances à la frontière entre la fiction sonore et le court métrage. Dans les trois cas, les histoires suivent le schéma suivant qui est particulièrement simple.

Ooh, c’est de toute beauté !

Murmures

Quand on a trouvé notre maison pour les vacances, sa localisation isolée et les quelques photos du paysage nous ont inspiré de suite un petit court métrage type « found-footage » qui se déroulerait dans une forêt. La Forêt des Murmures, c’est donc le titre que l’on a donné au projet. L’idée était simple, en se basant sur le concept présenté sur le magnifique schéma ci-dessous, nous allions improviser une petite vidéo chaque jour de notre séjour en essayant que cela ne nous prenne pas plus de 10 minutes à chaque fois. Chaque matin serait l’occasion de regarder les rushes de la veille et de réfléchir à la suite de l’histoire.

Le concept de ouf.

Comme vous le comprenez, l’ensemble est donc super improvisé, les scènes que vous avez vues dans le court métrage sont d’ailleurs bien souvent la première et unique prise. Pour avoir essayé de « tourner à nouveau » certains des plans séquences, nous avons remarqué une tendance au surjeu lors de la seconde prise qui rendait l’ensemble beaucoup moins naturel. Attention, on est bien conscient que cela se ressent aussi dans certaines des prises conservées, mais elles nous semblaient cependant bien plus amusantes quand les répliques étaient dites de façon spontanées sans savoir ce que l’autre allait dire ensuite. Au final, nous avons quand même passé bien plus de 10 minutes par jour sur le projet. Il ne faut pas oublier les moments de visionnage des rushes de nuit qui nous faisaient suffisamment flipper pour nous empêcher de nous endormir facilement ensuite. L’idée la plus folle était que l’appareil qui avait été (volontairement) laissé de coté pendant la scène ait réellement enregistré un truc horrible qu’on ne découvrirait que le lendemain en revisionnant les prises.

Image & Son

L’ensemble des images a été tourné avec la caméra de mon téléphone (1080p 60fps) et une application (Night Caméra) pour le rendu « Blair Witch » de nuit. La caméra était fixée à un stabilisateur exceptionnel qui permet un rendu relativement propre et évite un peu l’effet nauséeux de la caméra au poing. Le montage a été réalisé sur place avec iMovie et nous n’avons absolument rien retouché à l’image, pour deux raisons : Notre totale ignorance concernant ce point et l’envie de garder le coté le plus proche de notre souvenir possible en revisionnant ce film plus tard.

Pour le son, les enregistrements ont été réalisés avec mon fidèle zoom H4N et recalés ensuite (avec plus ou moins de succès) sur le son de la vidéo qui était ensuite effacé. Nous le tenions à la main pour générer volontairement des « bruits de touche » propres au style « found-footage » (en évitant qu’il y en ait trop quand même). En rentrant à la maison, j’ai rouvert les fichiers vidéos sur cubase et appliqué quelques légères retouches pour nettoyer puis embellir un peu le rendu. C’est à la fois bien plus facile et bien plus dur que pour de la saga mp3. En effet, pas besoin de préparer trop les pistes voix avec un gate/compresseur et de gérer ensuite leur incrustations dans l’ambiance, c’est déjà fait ! Par contre, si les bruits ambiants sur la vidéo étaient trop forts (ce qui est souvent arrivé avec nos bruits de pas) pas possible de n’augmenter que les voix sans augmenter le bruit de pas et le bruit de fond. Cela me donne vraiment envie d’aller voir des ingénieurs son travailler sur des films, j’aimerai voir leur matériel et la post-prod pour comprendre comment tout cela est géré. En attendant, voici les quelques retouches effectuées sur le son du zoom.

Enfin, les « murmures » ont été enregistrés de retour au studio avec mon Prodipe ST1 et Eva a grave assuré pour faire toutes les voix !

Nous avons utilisé les photos qu’elle avait prises pendant le séjour pour réaliser le micro-siteweb du projet. Je suis ravi de voir que l’idée d’intégrer le player vidéo dans une image semble vous plaire à chaque fois, sachez que c’est vraiment quelque chose d’hyper simple à faire, je pense que je ferais un petit tutoriel dans un prochain article sur ce blog. Je suis beaucoup moins fan de la version mobile/tablette du site mais la mise en abîme fonctionnait beaucoup moins bien sur un téléphone… je reprendrai certainement le travail dessus un peu plus tard si j’ai une nouvelle idée.

La suite

Est-ce que nous referons l’expérience ? Oui, je pense. Mais il est très difficile de conserver le (très restreint) anonymat que nous essayons de nous donner sur le web (pour moi, c’est assez cramé même). Il faudrait donc un concept similaire pour un autre projet et dans ce cas, j’ai peur que cela lasse un peu. Peut-être qu’un nouveau concept viendra avec un nouveau lieu de vacances !

 
13 Kudos
Ne
bougez
pas!

  • mimiryudo

    Meuh non, on voit juste ta silhouette, un peu ton visage, on connait de mieux en mieux ta voix, on connait ton prénom (à moins que ça ne soit un pseudo comme Eva ou Lise ! :O) et un peu ta profession en écoutant les Sondiers. Franchement, je vois pas ce qu’il y a de cramé là-dedans, François Papadopoulos.

    Sinon, j’ai beaucoup aimé le projet ! Je suis content de lire le making-of, parce que je me suis demandé souvent la part de scénarisation préalable qu’il y avait, et c’était à peu près ce que j’avais imaginé. Le premier épisode met directement dans l’ambiance, et ensuite c’est un mix de fun (les oublis de caméras, quelques chutes ou répliques improvisées) et de flippant.
    Enfin, comme je disais cette nuit sur Twitter, ça comporte (à peu près) TOUS les bons comportements à adopter dans ce genre de situations, qui sont pourtant systématiquement ignorés dans les films d’horreur (où le héros serait sorti seul, où les avertissements n’auraient pas été écoutés, où il y aurait eu demi-tour, où…)
    Bref, je crois que cette web-série, c’est avant tout un guide de survie en milieu forestier isolé et hanté.

    J’adore la conclusion de cet article aussi

    • François Papadoupoulos, ça me plait bien, même si je n’ai le droit de l’interpréter qu’une fois !

      Merci pour ton retour sympa. Effectivement (et bravo de l’avoir remarqué), on a voulu faire attention à ne pas tomber dans les comportements typiques des films d’horreur, force est de constater que dans ce cas que le film dure… beaucoup moins longtemps, je crois que je commence à comprendre pourquoi ils font les héros si idiots à Hollywood !