Il ne me faut pas forcément traverser la mer des Caraïbes à la recherche du trésor d’un galion, pas obligatoirement me frayer un chemin à la machette dans la jungle équatoriale ou bien sauter d’un avion au-dessus de l’Everest pour ressentir cette « force » m’envahir et me porter. Depuis plusieurs jours que j’arpente les chemins cahoteux des Pyrénées, cette question revient sans cesse. Qu’est ce que c’est « Partir à l’aventure  » ?

Ce qui commence à me donner l’impression d’en vivre une, c’est le changement radical d’environnement et de repères. Rien ne m’impressionne plus que la verticalité du paysage de montagne. Je me trouve tellement ridicule face à ces roches élevées, plissées, cassées par des forces géologiques qui semblent toujours concevables dans un livre et finalement invraisemblables quand je me retrouve à leurs pieds, étourdi par le vertige.

À ce regard porté sur l’extérieur, j’ajoute tout ce qui se passe dans ma tête pendant ces randonnées. Bien qu’accompagné de mon père, avec qui je partage ces moments inoubliables cette année, j’ai l’impression de vivre une grande partie de ces longues marches, seul. Seul face à la difficulté du chemin. Seul à l’idée de devoir me dépasser pour continuer d’avancer. Seul quand, après avoir divagué pendant quelques dizaines de minutes, je remarque que le paysage a changé autour de moi et que j’ai oublié de m’en apercevoir alors que mes pas continuaient machinalement.

L’aventurier que je suis n’est pourtant pas solitaire. Les réveils difficiles avant le soleil, les pique-nique à 2500 mètres d’altitude (où le saucisson n’a jamais eu meilleur goût), les apéritifs en fin de journée. Tous ces moments partagés en famille, entre amis, font autant partie  de l’aventure que le reste.

 


Je pense devoir cet émerveillement constant à une dernière chose, tout autant personnelle. Les images gravées dans ma mémoire issues du récit des aventures des autres. Difficile de ne pas penser à Tintin et d’attendre à tout instant d’apercevoir l’ombre du Migou derrière une montagne. Impossible de ne pas angoisser en traversant un passage difficile tout en s’imaginant héros de Premier de Cordée. Heureux de me souvenir d’un conte, d’une légende pyrénéenne que j’aimais lire et apprendre par cœur dans une bande dessinée méconnue et pourtant exceptionnelle « Les Chants de Pyrène ».

Avec ces mots se termine ma journée de repos, que j’ai passée à lire et à écrire. Je tiens à remercier Arthur Froment qui m’a offert lui aussi de me plonger dans une nouvelle aventure. Le roman « Éthique du contact » où Jean-Michel Calvez raconte une excellente histoire de science-fiction comme je les aime, je n’ai pas réussi à en décrocher de la journée ! Un énorme merci à toi, Arthur !

 

À bientôt pour de nouvelles aventures !

 
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